Thomas Hauser

Photographies sculpturales, espace ponctué par des unités commémoratives

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Thomas Hauser

Biographie

Thomas Hauser

Photographies sculpturales, espace ponctué par des unités commémoratives

Vit et travail à Paris. Né en 1984.

Thomas Hauser est diplômé de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée et réalise un post-diplôme au California College of Arts à San Francisco. Il a récemment exposé à La Frontiera (Paris), à la galerie Un-Spaced pour pour son premier solo show en galerie , au Centre d’art Image/Imatge (Orthez), à Aperture Gallery (New York), au Foam (Amsterdam) à l’occasion de l’exposition Back to Future. Il sera présenté au cours des Rencontre d’Arles 2018 ainsi qu’au C/Oà Berlin en septembre 2018.

Sur les pas d’un nouveau monde

D’un geste d’une radicalité qui peut rappeler celle d’un Carl Andre, Thomas Hauser renverse le paradigme de l’encadrement mural pour disposer ses modules photographiques, au sol, à regarder pour la plupart d’en haut. Changement de point de vue, changement de regard. Pour la majorité de ses œuvres, c’est en effet à une horizontalité qu’il nous convie. Pour voir, depuis une hauteur d’homme, une nouvelle cosmogonie, un Atlas pour paraphraser Aby Warburg. A terre et sous une forme non définitive puisqu’il reconfigure sans cesse les éléments entre eux, l’artiste déploie un univers où passé et présent s’entrechoquent. Thomas Hauser reconfigure en effet ses modules un peu à la façon dont on trierait des souvenirs et les ré-agencerait. Sans cesse en mouvement, le monde d’hier habite le monde d’aujourd’hui, à la façon dont les morts convoquent les vivants par leur absence-présence. A cet égard on pourrait parler d’une forme de prosopopée que Thomas Hauser anime à travers différentes images. Images des membres de sa famille, parfois défunts pour certains d’entre eux. Images également de dieux comme cette Venus qui nous plonge dans une Antiquité revisitée. Ces photographies ou images glanées nagent ainsi entre deux eaux, deux unités de temps. Par l’utilisation d’une poudre d’encre de photocopieuse (imprimantes laser) dans certaines de ses sérigraphies grand format, il offre une forme de détournement de la photographie. La photocopieuse, par métonymie, joue en effet ici le rôle symbolique du multiple par essence. L’utiliser comme signe du contemporain tout en choisissant des sujets qui rappellent d’antiques périodes, permet à l’artiste de conceptualiser la photographie par strates. Des strates dont la généalogie reste insondable et l’aura mystérieuse. Nul doute que ses miroirs retournés, desquels il révèle le jus d’argent, soient une métaphore de ce temps sans âge, aveugle.

Par Léa Chauvel-Lévy

 

The Wake of Dust

The Wake of Dust est un projet d’exposition inédit rassemblant photographie, installation et sculpture, exemplifiant le travail de Thomas Hauser mené à partir des résurgences d’une mémoire réinventée, en permanence reconstruite, selon un dispositif archéologique, relevant tout à la fois d’une dynamique d’enfouissement et de révélation. Le titre est particulièrement évocateur : il s’agira bien ici d’assister à un « réveil de la poussière », au sillage de sa mémoire active, par-delà la disparition.

Plusieurs photographies grand format

L’artiste proposera une série de plusieurs photographies grand format, impliquant physiquement le visiteur, confronté à des visages et à des corps dissimulés, se protégeant d’un soleil peut-être trop éblouissant, pour ne pas dire impressionnant, au sens photographique du terme. Ces stratifications temporelles, sourdes et matiérées, obtenues par dégradation de l’image tramée, participent d’un processus de détérioration qui n’est pas sans évoquer l’aura benjaminienne, à la fois proche et lointaine, ou la poétique mélancolique de W.G. Sebald. Les grands portraits photographiques — en noir et blanc, spectraux — encadreront une installation sculpturale au sol, sorte de champ de ruine, sur lequel murmurent encore des présences fragmentaires, des blocs de temps recouverts d’une matière souple et volatile, noire comme le velours, qui n’est autre que de la poudre de toner, utilisée dans les imprimantes et les photocopieurs, de manière à tracer un sillon noirci sur la page blanche immaculée. Le processus d’impression de l’image est donc ici tout à la fois omniprésent dans sa technicité, et rendu indiscernable dans son usage détourné.
Texte d’introduction pour les Rencontres d’Arles 2018
Léa Bismuth

Cv

Expositions (Selection)

2017 
Face à l’Aura – Centre d’art image/imatge, Orthez
Exposition collective du 8 juin au 16 septembre 2017
Commissariat de Léa Bismuth et Deriva (Valeria et Edouard Escougnou-Cetraro)

Fragments – La Frontiera, Paris
Exposition collective du 30 mai au 12 juillet 2017
11, rue Jules Chaplain 75006 Paris

Micro Salon #7 – Galerie l’inlassable, Paris
Exposition collective
13 rue de nevers 75006 Paris

Solo Show – Un-Spaced, Paris
4-5 mars 2017 12h00 – 21h00
6 rue Euryale Dehaynin 75019 Paris

Un-Spaced Open Studio – Paris
Exposition collective avec Yoan Béliard, Guillaume Constantin, Evol, Fabien Granet, Rémi Groussin, Thomas Hauser, Johan Rivat, Nicolas Silberfaden, Eric Stephany, Eric Tabuchi, Juliette Vivier et Sebastian Wickeroth

2016
Eden – Aperture Gallery, New York
Invited artist in Sylvain Couzinet-Jacques solo show
16th November 2016 – 19th January 2017
4th Floor, 547 W 27th St, New York, NY 10001

On a enlevé les fleurs, il reste l’eau — Double séjour, Paris
Exposition collective avec Cyril Zarcone & Damien Caccia, Vanessa Dziuba, Louis Granet, Lola Hakimian, Thomas Hauser, Elsa Lefebvre, Quentin Lefranc, Juliette Mogenet, Ludovic Sauvage, Emmanuel Simon, Yannis Pérez et Céline Vaché-Olivieri
Commissariat Thomas Havet
21 – 30 octobre

Matin, midi et soir
 – Honoré Visconti, Paris
Exposition collective, commissariat de Laure Flammarion
17-19 rue Visconti 75006 Paris

Dogwood
Exposition collective avec Fred Cave, Sylvain Couzinet-Jacques et Ugo Schiavi
G8 – Cité Internationale des arts de Paris, France

2015
Dogwood, Group show, The Little Red Schoolhouse residency project, Eden, NC (USA)
After Party, Curated by Océane Ragoucy and Sylvain Couzinet-Jacques, Cité internationale des arts de Paris, France

2014
The Smell of Dust, Group show, Curated by Sue-Elie Andrade-Dé, Kunsthalle Gallery, São Paulo, Brésil

2012
Le grand roque, in collaboration with Gilles Pourtier
Curated by Sylvain Couzinet-Jacques
Galerie Arena, École nationale supérieure de la photographie, Arles

2011
Studio Vortex 2 (Printemps de l’art contemporain)
Group show, Galerie Montgrand, Marseille

2010
Diplômés des écoles de photographie européennes
Group show, Atelier De visu, Marseille

2009
Workshop écoles internationales / Antoine d’Agata
Publication et projection collective, Atelier De visu, Marseille

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